Histoire du CIETA

Petite Histoire du CIETA

A l’initiative du Prof. Dr. Wolfgang Fritz Volbach, conservateur de musée et professeur allemand actif dans la recherche des textiles archéologiques, un petit groupe de chercheurs se réunit à Lyon en 1954. La plupart d’entre eux se connaissaient déjà, car ils avaient correspondu à propos de textiles historiques depuis des années. Ils décidèrent alors de créer une association et lui donnèrent le nom de “Centre International d’Etude des Textiles Anciens” ; le Musée Historique des Tissus, ainsi nommé à l’époque, fut considéré comme l’endroit idéal pour accueillir cette nouvelle association. Les membres fondateurs étaient originaires d’Autriche (Dora Heinz), de France (Yolande Amic, Jacques Dupont, Félix Guicherd, Robert de Micheaux, Marie-Thérèse et Charles Picard, Monique Toury, Pierre Verlet), d’Allemagne (Ernst Kühnel, Sigrid Müller-Christensen, Wolfgang Fritz Volbach), d’Italie (Gian Piero Bognetti, Tito Broggi), d‘Espagne (Felipa Nino y Mas), de Suisse (Alfred Bühler, Verena Trudel), de Suède (Agnes Geijer) et des Etats-Unis (Claire and René Batigne, Calvin Hathaway, Margaret I. J. Rowe, Edith A. Standen). Travailler ensemble n’était pas une mince affaire à cette époque, car ils avaient tous vécu la Deuxième Guerre Mondiale, et l’antagonisme et la méfiance avaient prédominé pendant des siècles entre certains pays. Mais ces savants décidèrent de prendre un nouveau départ, de surmonter les préjugés anciens et de contribuer à une meilleure compréhension dans leur champ de recherche. Leur but était d’établir une langue définie avec précision pour décrire les éléments techniques et les structures des textiles tissés et de créer une documentation de textiles historiques qui devraient être décrits selon une liste détaillée de questions. Cette documentation, une collection de “dossiers de récensement” pour des textiles individuels, est conservée au musée des Tissus de Lyon où les chercheurs peuvent la consulter.

L’établissement de vocabulaires de terms techniques avec leurs définitions et leurs équivalents en plusieurs langues devait prendre plusieurs années : Les premiers vocabulaires français et italien furent publiés en 1959, l’espagnol suivit en 1963, l’anglais en 1964, le scandinave en 1967, l’allemand en 1971 et le portugais en 1976. Les vocabulaires russess et japonais furent établis encore plus tard. Mais de plus en plus de chercheurs apprenaient à analyser des tissus suivant les méthodes développées à Lyon. Depuis 1956 les Sessions techniques eurent régulièrement lieu à Lyon et amenèrent des générations de chercheurs à aborder les questions liés aux outils, aux structures et aux procédés du tissage de la soie. Encore aujourd’hui, ces cours sont au cœur des activités du CIETA.

Pendant toutes ces années la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, propriétaire du musée des Tissus et responsable de son financement, soutenait le CIETA : Le conservateur du musée Robert de Micheaux fut le premier président de l’association (en 1964, il publia un rapport sur les dix premières années de la vie du CIETA que vous trouverez aussi sur ce site web). Dans les premiers temps, son administration ne constitua pas une trop lourde charge, mais le nombre d’adhérents grandit rapidement, jusqu’à dépasser le chiffre de 200 à la fin des années 60, et celui de 300 dans les années 80. Cette situation alourdit les charges de l’administration et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon décida de mettre des membres de l’équipe du musée à la disposition au CIETA en tant que Secrétaires généraux,  ddministratifs et techniques. En 1977, Donald King, Conservateur du Département des Textiles au Victoria and Albert Museum à Londres, succéda à Robert de Micheaux comme président du CIETA. Il fut suivi en 1993 par Pierre Arizzoli-Clémentel, Directeur général du Musée et du Domaine du Château de Versailles (et auparavant Conservateur du musée des Tissus à Lyon). En 2009, Birgitt Borkopp-Restle, Professeur en Histoire des Arts Textiles à l’université de Berne (Abegg-Stiftungs-Professur) fut élue en tant que quatrième (et première  femme) présidente du CIETA.

Aujourd’hui, le CIETA compte environ 450 membres, la plupart dans les pays européens et aux Etats-Unis. Ils sont des professionnels de la recherche et de la conservation des textiles, essentiellement des conservateurs de musées, des restaurateurs, des professeurs universitaires et des chercheurs indépendants.

Ils reçoivent des informations sur des expositions, des publications nouvelles, des colloques et des ateliers dans leur domaine de recherche par ce site web et une lettre d’information. Tous les deux ans, ils re réunissent pour leur Assemblée Générale, leur congrès et un programme d’excursions. Ces réunions, avec leurs discussions, leurs échanges et leurs découvertes ont été au centre des activités du CIETA depuis sa foundation.

LES MEMBRES FONDATEURS

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1 – Monique Toury
2 – Interprète espagnol – Spanish interpreter
3 – Dr. Dora Heinz
4 – Dr. Renate Jaques
5 – Dorothy G. Shepherd
6 – Dr. Sigrid Müller-Christensen
7 – Yolande Amic
8 – René Batigne (?)
9 – Felipa Nino y Mas
10 – Claire Batigne
11 – Marie-Thérèse Picard
12 – Pierre Verlet
13 – Charles Lacroix
14 – Félix Guicherd
15 – Prof. Gian Piero Bognetti

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16 – Tito Broggi
17 – Edith A. Standen
18 – Dr. Verena Trudel
19 – Robert de Micheaux
20 – Jacques Dupont
21 – Prof. Dr. Ernst Kühnel
22 – Prof. Charles Picard (?)
23 – Agnes Geijer
24 – Calvin S. Hathaway
25 – Margaret I. J. Rowe
26 – Gertrude Townsend
27 – Prof. Dr. Wolfgang Fritz Volbach

LA GALERIE DES MEMBRES

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Sigrid Müller-Christensen (1904 – 1994)

The art historian was born in Gentofte, near Copenhagen (Denmark). In the 1930s she studied art history in Munich and graduated in 1934 with a PhD thesis on “Die männliche Kleidung in der süddeutschen Renaissance” (Male dress in Southern Germany during the Renaissance).

During World War II, artworks were removed from museums and treasuries in many cities and brought to secure places to save them from destruction. In Bamberg (Bavaria) not only were the mantles of King Heinrich II (r. 1002-1024) and his consort Kunigunde moved out of the museum of the cathedral, but the grave of pope Clemens II (d. 1047) was opened and his vestments secured. Fortunately, all objects remained unharmed by the bombings, albeit in a fragile condition. When the decision was formed, after the war, to set up a conservation programme for the treasured textiles, Sigrid Müller-Christensen was entrusted with the task.

A first step was to travel to Sweden where she acquainted herself with current conservation techniques. Upon her return to Munich, a workshop was established in the Bayerisches Nationalmuseum (then directed by her husband, Dr. Theodor Müller). In 1949, this meant make-shift arrangements and working conditions that required a fair amount of improvisation, but Sigrid Müller-Christensen and her assistants were committed to their work: “Conservation is a test of character” became the team’s motto. In 1955, the Bayerisches Nationalmuseum presented “Sakrale Gewänder des Mittelalters” (Medieval church vestments), an exhibition and a catalogue that attracted great interest, both from historians and art historians and from a larger audience.

An impressive array of precious vestments (among them the aforementioned objects from Bamberg, the vestments of St. Ulrich from Augsburg, the eagle chasuble from Bressanone, the Alexander mantle from Ottobeuren and the vestments from Regensburg) testified both to the splendor of medieval textile art and to the skills of the conservation team.

Sigrid Müller-Christensen published the results of her studies of the grave vestments of pope Clemens II in a precisely written and carefully illustrated book (Das Grab des Papstes Clemens II. im Dom zu Bamberg, 1960); another important study was dedicated to the textile remains recovered after 1900 from the graves of emperors and bishops in Speyer cathedral (Die Gräber im Königschor, in: Die Kunstdenkmäler in Rheinland-Pfalz, vol. 5, 1972).  The impressive list of her publications documents her life-long interest in the textile arts that was not limited to the sumptuous works of the Middle Ages.

For the German-speaking countries, Sigrid Müller-Christensen was a pioneer in the conservation of historic textiles. Based on scientific analyses and historical research, she established techniques that were subsequently developed in other conservation work-shops. A number of younger conservators that she had trained went on to set up and direct the workshops of the Germanisches Nationalmuseum (Nuremberg), the Bayerisches Landesamt für Denkmalpflege (Seehof near Bamberg) the Museum für Kunst und Gewerbe (Hamburg), the Deutsches Textilmuseum (Krefeld), and the Abegg-Stiftung (Riggisberg). 

Sigrid Müller-Christensen was a founding member of the CIETA; her extensive correspondence (preserved in the archive of the Bayerisches Nationalmuseum) documents her exchange over many years with textile researchers in the European countries and the United States. Charming, enthusiastic and supportive of her colleagues, she was often asked for advice, both on questions of conservation and on technical and historical aspects of medieval textiles. A Festschrift edited by Mechthild Flury-Lemberg and Karen Stolleis (Documenta textilia, 1981) is a monument to the many friendships she formed in her time.

For the long years given to the preservation of Bavaria’s cultural heritage Sigrid Müller-Christensen was awarded the medal “Bene merenti”; she had never held a professional position, but volunteered well into her seventies, when the Bayerisches Nationalmuseum finally established the position of a curator for its textile collections.

Liste des publications (623.17 KB)